Un regard sur la mobilité de l'avenir

By Andreas Walker | 4.07.2018

Comment nous déplacerons-nous à l'avenir? Y aura-t-il quelqu'un derrière le volant? Les colis sont-ils livrés avec des drones? Pourrons-nous commander des voitures par un simple clic de souris? L'avenir de la mobilité soulève de nombreuses questions. Dans la série "Mobilité du futur", nous voulons aller au fond de ces questions et interrogeons des personnalités Suisses. Andreas Walker, futurologue explique:

 

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Comment nous déplacerons-nous dans 10 ans?
Nous nous déplacerons de manière assez similaire à celle d'aujourd'hui. Pour beaucoup, en particulier les citadins, la voiture ne sera plus un symbole de statut social aussi important. La fonction de la mobilité prend de plus en plus le pas sur la possession. Les places de stationnement étant en ville toujours plus rares et les embouteillages toujours plus fréquents, le principe du partage gagne du terrain - y compris dans le domaine de la voiture particulière.

 

Les places de stationnement étant en ville toujours plus rares et les embouteillages toujours plus fréquents, le principe du partage gagne du terrain - y compris dans le domaine de la voiture particulière. 

 

Et quelle sera la situation dans 50 ans?
Cela dépendra beaucoup des sources d'énergie et des coûts, aussi bien pour les utilisateurs privés que pour le public qui finance l'infrastructure de transport. Suite à l'aggravation de la situation environnementale et énergétique et à l'augmentation des coûts induits, nous serons de moins en moins nombreux à posséder une voiture particulière. En même temps, nous espérons qu'une telle évolution encouragera les innovations techniques. Nous nous attendons à ce que de gros investisseurs achètent des flottes de voitures intelligentes pour les proposer sous la forme de taxis collectifs ou de possibilités de covoiturage. Ces solutions feront alors concurrence aux transports publics. Grâce aux progrès technologiques, la science-fiction deviendra bientôt réalité. Mais en aurons-nous les moyens financiers? Et voudrons-nous vraiment aller dans ce sens? Les divergences entre les mégapoles asiatiques et les villages suisses sont immenses et le resteront encore.

A quels défis les pouvoirs publics doivent-ils s'attendre en matière de mobilité?
La question de savoir qui paiera fait déjà débat aujourd'hui. Est-il vraiment du devoir des pouvoirs publics de proposer une telle infrastructure? Et en ont-t-ils seulement les moyens ou devront-ils plutôt investir dans la santé, la prévoyance vieillesse, la formation ou l'immigration? D'autres pays ont déjà adopté de nouveaux modèles de financement pour la construction, l'entretien et l'exploitation des infrastructures.

Dans quelle mesure faut-il envisager un réaménagement de l'espace publique?
La mobilité intelligente est un défi difficile à relever dans les villes qui ont une longue histoire. Il suffit de penser aux droits des propriétaires fonciers et aux possibilités de recours des riverains. La Suisse se distingue ici radicalement des nouvelles mégapoles chinoises. La mise en œuvre et le financement de la mobilité intelligente sont tout autres pour les autoroutes ou les villes qui se construisent actuellement.

Pourquoi les solutions d'économie collaborative sont-elles si prisées? Qu'est-ce qui explique cette tendance si soudaine au partage?
Cette tendance au partage est moins soudaine qu'on ne le pense: on la trouve déjà dans la Bible et chez de nombreuses tribus indigènes. Pour moi, c'est avant tout une question économique. En d'autres termes: ai-je suffisamment d'argent pour me permettre un bien privé ou ai-je besoin que quelqu'un d'autre le partage avec moi? Du temps des anciennes générations, le partage était organisé par le chef de la tribu et les prêtres, puis plus tard par l'Eglise, le seigneur ou l'employeur en tant que patriarche, et, pour finir, par l'Etat. Nous sommes actuellement en quête de nouveaux modèles. Grâce aux moyens technologiques, l'organisation, la communication et la flexibilité sont devenues plus faciles et moins onéreuses. Elles le seront plus encore avec l'intelligence artificielle. A cela s'ajoute que nous raisonnons beaucoup aujourd'hui en termes d'économie: à quoi sert un appartement inhabité ou une voiture inutilisée? La charge de déchets, que représente le trop plein de vieux objets privés inemployés, est elle aussi devenue manifeste.

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